La première journée à Téhéran, la première rencontre Avec la vérité sociale, la conjoncture politique, avec une société qui respire, qui est vivante.
Je me suis couché à 8h du matin, j’ai passé toute la nuit à discuter avec ma famille et récupérer le temps perdu pendant un an et demie. J’amène ma petite sœur Sarah au lycée. Au retour, je suis bloquée dans les bouchons du matin.
À 13h de l’après midi, je me réveille avec le coup de file d’un ami. Je mange en famille. Après les embouteillages de ce matin je n’avais vraiment pas envie de sortir, je veux m’enfermer à la maison pour l’instant … mais bon, je change d’avis trois heures plus tard, je veux sortir pour faire un tour, alors je contacte une amie de la fac pour qu’on aille boire un thé ensemble. On va boire le thé dans l’ancien palais des Pahlavis au nord de Téhéran, pas très loin de chez mes parents. On a aménagé un très joli café dans le jardin.
La première journée passe à donner et écouter à des comptes rendus. A écouter des histoires bien tristes des manifestations après les élections, à écouter comment on avait torturé un ami, ou frappé un autre et ton oncle et ton père et ta mère et tes sœurs, à dire comment on avait tiré sur les gens de tel ou tel endroit. Mais aussi à écouter des histoires sur le courage du peuple, sur leur solidarité. J’ai l’’impression que cette ville est en train d’exploser, de se manifester, toutes les rues de ville sont des témoignes de ces journée sanguines.
Peux-je être indifférent ?
Il y aura une grande manifestation le vendredi prochain …
Aujourd’hui on avait coupé l’internet pendant toute la journée.
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