jeudi 11 février 2010

Jeudi …

Téhéran dors à cette heure-ci, mais personne dors à vrai dire … personne ne sait exactement ce qui va se passer demain. Toutes les forces militaires et paramilitaires même la mairie de Téhéran, sont en état d'alerte la veille de 31ème anniversaire de la révolution de 1979. Pour la première fois depuis 31 ans l'Etat ne pourra pas être sûr de pouvoir exploiter toutes les capacités de cette fête nationale pour exposer sa légitimité politique. Cette situation est visible dans tous les sens, même si on ne voit pas des militaires avec des armes dans les rues. On est loin et en même temps pas très loin de ça, tout dépends de se qui va se passer, l'Etat est près de protéger son hégémonie par tout les moyens possible, mais il préférera de faire ça dans un cadre plutôt pacifique, ce qui paraît très normale. L'Etat essayera de dépenser un minimum pour gagner le jeu, mais tout dépendra d'opposition et à prix qu'ils sont près à payer pour gagner le jeu. Ce qui est claire au niveau des leadeurs et plus part des intellectuelles (réalistes) c'est qu'ils sont convaincus que le but principale du mouvement est de survivre, de garder son homogénéité et de gagner une place légitime, sans aucun recul dans ses objectifs politiques et sociaux, en dépensant la moindre que possible. C'est pour aboutir à ce but qu'ils insistent à rester dans le cadre de la constitution iranienne actuelle, même si ça représente pas toute les capacités sociale de ce mouvement. La constitution Iranienne, un choix stratégique ou le vrai but de mouvement, les leadeurs essayent de ne pas répondre à cette question pour le moment, une question qui est qui est le seule point de dispersion du mouvement.

Demain, tous les deux côtés ont intérêt à rester loin de la violence verbale et physique, mais ce n'est pas si facile que ça. Dans chaque côté ils existent des éléments affronteurs et incontrôlable qui vont provoquer l'autre à agir violemment. Mis à part ça, l'Etat depuis le début des crises qui ont suivi les élections de juin a montré qu'il ne réagit pas forcement dans un cadre rationnel mais plutôt dans un cadre émotionnel. Ce rôle est effectué chez les opposants par les extrémistes qui croient à la détermination de la violence politique dans les mouvements politiques révolutionnaires, ou bien par les groupes de pressions envoyés parmi les manifestants par l'Etat pour leur orienté vers un extrémisme permettant à l'Etat de réagir plus violemment.

Mais cet extrémisme politique ne reste pas si marginal chez l'autre. Cette idée est institutionnalisée, instrumentalisé et défendu par une bonne partie de l'élite politique au sein de l'Etat. Mais même là, tout le monde est convaincu par la nécessité de retrouver la paix à tout prix, mais quels sont les précautions de l'Etat pour contrôler ses bras inapprivoisables ? L'Etat iranien utilisera ses expériences atroces pour réagir d'une façon plus rationnelle ?

L'Iran d'aujourd'hui est la terre d'incertitudes politiques. Le dialogue politique est interrompu par l'Etat depuis cinq ans. L'opposition n'a plus aucune place légitime, considéré comme la trahison. Cependant, l'Etat n'a décidemment plus de rapport avec opposition ni les réformateurs, alors il n'arrive pas à comprendre le sens des mesures prises par les parties réformateurs ou encore moins les opposants politiques, ni mettre en place les politiques rationnellement adaptées à la situation. En même temps l'Etats reste un acteur complètement inconnu et imprévisible pour ces dernières.

Demain est un grand jour, quoi qu'il arrive, avec toutes ses particularités. Ils vont pas pouvoir nous battre …

We will be free, if not tomorrow, the day after that …

http://www.courrierinternational.com/article/2010/02/11/bataille-autour-de-l-heritage-de-khomeyni

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/02/10/iran-pouvoir-et-opposition-se-disputent-la-revolution_1303719_3218.html#ens_id=1190750

vendredi 22 janvier 2010

Dimanche 3

Même s’il me semble évident, je vous rappelle que ce message est la troisième partie de quelques pages autour de mouvement vert en Iran. Depuis les premiers jours après les élections présidentielles, il s’est formé tout un mouvement social et politique contre les résultats des élections sous une forme populaire et pacifique. Mais certains facteurs politiques ont orienté les forces armées vers une violence gouvernementale sans précédant contre les opposants. Au début, les oppositions concernaient les résultats des élections et demandaient une vérification sérieuse et officielle des bulletins par une instance légitime.
Bien sûr les médias internationaux ont bien transféré toutes les informations dans le monde entier. Ces informations ont été très crues et peu analysées. Beaucoup d’amis me demandaient mon avis personnel. Je voulais toujours écrire ce que je pense à propos de ce sujet. Mais j’attendais de venir en Iran pour voir ce qui se passe de près. Bien sûr qu’il ne faut pas sous estimer les dimensions de cet événement qui demande évidemment une recherche sociologique et politique indépendante. Alors tout ce qui se passe ici c’est mes réflexions personnelles basées sur mes observations et le peu de connaissance que j’ai sur l’histoire et politique d’Iran.
La question principale de ces pages est les caractéristiques de ce mouvement, les différences et les similitudes de ce mouvement par rapport aux autres mobilisations depuis la révolution de 1979 et ses origines.
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Le rapport entre la religion et le pouvoir politique en Iran est issu de plusieurs types d’analyses sociopolitiques. Certains sociologues étudient ce rapport comme une clé pour comprendre les changements sociaux et les événements politiques depuis la Perse antique. Ils croient que ce rapport influence depuis toujours la société et la politique du pays.
Cependant, il faut séparer deux concepts différents : le clergé et la religion. Quand on parle de clergé on réduit le sens de religion à une partie de la société, un groupe sociale, alors que la religion est une institution sociale.
On pourra identifier deux fonctions différentes pour la religion avant la révolution de 1979 : premier, en tant qu’une institution politique qui a beaucoup d’influence sur le peuple par le système traditionnel d’éducation et ses réseaux sociaux exercés par le clergé, qui lui donnent une bonne place politique pour négocier avec le pouvoir politique. Deuxième, en tant qu’un élément social qui a la capacité de mobiliser le peuple autour d’un concept révolutionnaire, un concept simple, rassurent et compréhensible pour tout le monde.
Vers la fin des années 50, un grand événement religieux change beaucoup de chose et avant tout, le rapport clergé-Etat. Cet événement c’est la création de la théorie « Velayate Faqih ». Cette théorie qui est la base théorique de régime actuel en Iran (république islamique), pour la première fois prétends qu’on peut avoir un régime et une société gérées selon les lois islamique qui sont interprété par le plus grand chef religieux des Chiites. Cette théorie c’est le résultat d’un discours plus ancien entre deux groupes des ayatollahs : ceux qui disent que dans l’absence de 12ème imam des musulmans, on n’est pas autorisé de créer un régime islamique et le régime doit être démocratique et les autres qui croient au régime islamique dans tout les sens. Mais ce deuxième groupe n’avait jamais aussi bien organisé et présenté ces idées. Mais cette nouvelle théorie reste dans l’ombre jusqu’à la révolution.
Il paraît que les religieux ne pensaient jamais pouvoir géré un pays, ils n’avaient pas la capacité politique pour gouverner, alors ils préféraient de rester à côté du peuple et surveiller l’Etat par la législation. Les premiers changements dans le rapport entre la religion et l’Etat s’est passé lors de la première révolution constitutive en Iran qui a basculer l’ancien ordre. Le premier parlement iranien s’est formé en octobre 1906 et dans ce parlement un ayatollah est chargé de vérifier si les lois correspondent aux principes de l’islam. A partir de ce moment, un petit groupe de clergé se forme en tant qu’un groupe politique, mais la majorité des chefs religieux sont encore non politisée. C’est cette idée même qui se développe sous forme de théorie de Velâyat Faqih quarante ans plus tard. Cette théorie n’arrive pas à convaincre la majorité de clergé avant la révolution. Elle reste dans la minorité jusqu’à ce que le régime change. Comme quoi le clergé est une institution conservatrice.
Avant la révolution, tous les groupes politiques acceptent finalement le rôle irremplaçable de la religion Pour mobiliser le peuple. Mis à part l’opportunisme de certains oppositions, Même une partie de gauches, trouve que les principes de l’Islam sont les mêmes que les base idéologiques de socialisme et même de communisme, alors ils soutiennent Khomeiny et son discours islamique par croyance.
Le peuple qui chercher son Utopie derrière un Etat Islamique imaginaire, d’un côté, les opposants politiques, de toutes tendances idéologiques, réformateur ou révolutionnaire, qui chercher la mobilisation populaire pour réussir leurs buts de l’autre, ont soutenu Khomeiny et ses compagnies pour orienter la société vers la dernière révolution de vingtième siècles, mais il ne faut pas oublié que la majorité du clergé est jusqu'à la révolution, contre ce mouvement politique et surtout contre cette interprétation politique de l'islam ...

lundi 11 janvier 2010

Dimanche 2

Dimanche était un jour très triste à Téhéran. Le soir je suis allé participer dans le discours d’un ancien professeur qui se déroulait à l’occasion des cérémonies religieuses près de chez nous. C’était la seule chose qui pouvait me changer un peu le moral.
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Je considère la manifestation de dimanche comme le point le plus important de mouvement vert en Iran et j’ai différents raisonnements pour cette réflexion.
Depuis le début de la formation de mouvement vert en Iran en juin 2009, je voulais écrire quelques pages et expliquer mes réflexions personnelles concernant la situation actuelle de ce mouvement et traiter ses points forts et ses points faibles à mes yeux. Je me permes de faire ça aujourd’hui parce que je peux modifier mes réflexions avec les observations personnelles.
Sans doute, tous ce qui se passe en Iran d’aujourd’hui est en continuité avec la révolution de 1979 et toutes les évolutions politiques et sociales des années suivantes.
Comme toutes les autres révolutions partout dans le monde, la révolution de 1979 en Iran est issue de différents types d’analyse politique, sociale et économique. Sans vouloir sous estimer différentes dimensions de cet événement, on peut résumer les approches qui traitent les origines de la révolution en quatre groupes : économique, politique, sociale et international. La première approche qui cherche ses raisonnements parmi les facteurs économiques et les problèmes économiques de la vie quotidienne en Iran avant la révolution. La deuxième qui voit la raison de mécontentement du peuple dans le système politique du pays comme les droits de l’Homme, la liberté politique, la liberté d’expression etc. le troisième définit le mouvement dans les rapports de pouvoir dans la société iranienne, et finalement le troisième groupe qui voit la révolution dans un ensemble avec le changement de politique américaine et britannique dans la région de Golf Persique et etc.
Bien sûr chaque approche explique une dimension de la révolution qui peut être plus ou moins essentielle dans toutes les révolutions.
Mis à part tout ça, aucune analyse sociopolitique ne peut ignorer le rôle de Khomeiny en tant qu’un leadeur religieux au sommet des opposants du régime, dans la formation et orientation du mouvement social poste révolutionnaire.
Une question qui demande beaucoup de réflexion, c’est le rôle de la religion dans les évolutions sociopolitiques avant la révolution. Biens sûr ce que je vais dire ici ce n’est pas très scientifique et c’est ma réflexion personnelle.
Je vois la religion comme le seul élément homogène de la société Iranienne sous la dynastie de Pahlavi qui a la capacité de réunir le peuple autour d’une idée unique qui est le changement du régime. C’est la nature de régime suivant qui fait la différence entre les différents groupes révolutionnaires. A l’époque, il n’y a que 30 pourcent de la population qui vie dans les villes alors une grosse partie de la population est privée d’éducation moderne et de vie civique. Dans cette grosse partie de la société, c’est la religion qui est la responsable d’éducation et la seule source des normes sociale et politique. il ne faut pas oublié que jusqu’à ce jour, il y a une bonne relation depuis toujours entre les chefs religieux et le pouvoir politique, le roi est l’ombre de dieu ! Alors il y a une bonne cohabitation sociale entre la politique et la religion, alors il faut chercher les origines de ce changement politique aussi dans les évolutions de cette relation entre le dieu et le pouvoir politique !